19/12/2015

Noël approche

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La Cathédrale au Zocalo, Sculptures de Javier Marin, Masques aux visages en forme de cœur

C’est la fin de l’année déjà.

Ici à Mexico, tout le monde est prêt pour la fêter.

De nouvelles zones apparaissent sur la carte du Mexique, où les services consulaires de l’Ambassade recommandent de ne pas trop circuler.

La carte peut faire peur. L’Ambassade dit qu’elle s’adresse aux néophytes qui ne connaitraient pas le pays et qui s’y rendraient pour la première fois.

Il faut mieux se renseigner avant son départ.

En l’analysant elle ressemble à celle que j’avais découverte avant ma visite au Niger, il y a trois mois. Et il est vrai qu’il faut bien ouvrir les yeux.

Profitez de vous promener dans le centre historique. Découvrez deux expositions du sculpteur Javier Marin, au palais Iturbide de la rue Madero et au Collège San Ildefonso. Le sculpteur, tout comme ses œuvres, est impressionnant.

Une exposition sur les masques est présentée au Palais National.

Parlant de masques, se rendre impérativement au Musée National d’Anthropologie, pour admirer l’expo Rio Congo, qui arrive directement du Quai Branly et qui est enrichie d’une section de tapis (Matisse) et d’armes.

20/10/2015

Des obstacles pour assister au Festival de Gerewol du Niger

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Sur le fleuve Niger; Communautés Peul, Mbororo.

Je devais me rendre pour un reportage dans la vallée de l’Omo en Ethiopie, début Septembre. Un contre temps de dernière minute –mon associé annule sa participation- m’obligea à renoncer et reconsidérer une destination.

J’ai fait appel tout de suite à mon Agence catalane spécialisée en voyages hors des sentiers battus, pour photographes, aventuriers ou mercenaires.

Nous avons convenu de nous rendre ensemble au Niger pour participer au festival du Gerewol.

Il me suffisait de prendre un visa à l’Ambassade du Niger à Paris et de choisir un hôtel à Niamey. Départ depuis Paris prévu le 17 septembre.

La veille, je vérifie mon visa pour le Niger. Une erreur de date s’est produite ! Je ne pourrai pas voyager le lendemain. En moins de 2 heures de temps, j’arrive toutefois à obtenir des services consulaires de l’Ambassade (fermés les après midis) une attestation qui reconsidère la date de mon entrée. Un miracle !

Le jour J, je prends le vol direct AF 548 d’Air France décollant à 11:10. Mon bagage est enregistré. Nous embarquons à l’heure. Nous atteignons la piste de décollage, lorsque le capitaine nous annonce que le vol vient d’être annulé. La raison est le coup d’Etat qui s’est produit la veille au Burkina Faso et qui a conduit à la fermeture de l’aéroport de Ouagadougou. En fait peu de passagers se rendaient à Niamey, escale du vol Paris Ouagadougou, capitale du BF, où se trouve bloqué l’équipage du vol retour d’Air France.

Air France nous demande de nous tenir à disposition de la compagnie car nous reprendrons le même vol le lendemain. On nous offre la nuit à Roissy. Triste et rageant.

Le lendemain, je me rends aux aurores au comptoir d’embarquement. Le vol semble être confirmé. Bizarre pourtant car les coups d’états dans les pays africains ne se terminent pas aussi rapidement! Il faudra attendre une heure avant le supposé départ pour constater son annulation. Air France explique qu’un nouveau vol est prévu le lendemain à la même heure. Devons nous les croire ? Oui car le vol aurait été redéfini pour assurer la liaison Paris - Cotonou – Niamey.

Je doute arriver à temps à Niamey où je paie depuis hier les services de guide et chauffeur, aussi je demande à voyager le même jour par Casablanca. Ensuite j’attraperai le vol du soir d’Air Maroc où j’atteindrai Niamey le lendemain matin à 3 :30. Cela me donnera d’ailleurs l’occasion de passer quelques heures à Casablanca.

L’arrivée au petit matin le 19 septembre à Niamey se fait dans un aéroport à faible éclairage. J’attends peu de temps mon guide à la sortie qui doit venir me chercher. Mais il n’apparaît pas. Dans la nuit noire, deux personnes me prennent mon bagage et me dirigent vers un taxi tout déglingué. Le chauffeur a bonne mine. Je lui fais confiance et il m’accompagne à mon hôtel au travers de routes non éclairées.

Ce premier jour, je le consacrerai au musée de Niamey et à une promenade très agréable en pirogue sur le fleuve Niger, avant le coucher de soleil. Les pluies ont terminées et le fleuve a beaucoup d’eau. On devine ici et là le dos des hippopotames qui effleurent le fleuve. Il n’y a rien à craindre, me dit-on, car le bruit du moteur de la pirogue dérange l’ouïe des hippopotames. La semaine dernière, une pirogue à rames a été renversée et le corps du passager a été retrouvé quelques centaines mètres à l’aval de Niamey.

Le lendemain, nous sommes prêts pour nous diriger dans la direction de Ingal.

Je rejoins deux sous groupes d’étrangers, espagnols et russes. Il est préférable de circuler en caravane de plusieurs véhicules tout terrain, me dit le catalan. Au total, entre les chauffeurs, les touristes et le matériel et la logistique (équipe pour monter les tentes, cuisiniers, personnel de sécurité), nous formons une caravane de sept véhicules Land cruiser.

Les postes de contrôle de police sont nombreux tout au long de la route, en direction de Agadez. Nous montrons nos passeports, nous attendons entre 45 mn et deux heures à chaque poste. Je suis frappé de constater que l’agence de voyage n’a pas incorporé avec nous des gardes de l’armée. J’en avais utilisé les services au Cameroun. L’Ambassade de France du Niger m’avait fait les mêmes recommandations : si vous sortez de Niamey, vous devez être escorté par l’armée. Je demande pourquoi l’organisation espagnole n’a pas prévu ses mesures de sécurité. Pas obligatoire, me répond-on !

Sur la route, nous découvrons de jolis villages très colorés. Nous nous arrêtons à Muntseka et nous déjeunons dans une baraque à Konni.

Nous reprenons la route et je constate que nous traversons un nouveau poste de police, sans devoir laisser au passage à la police, le moindre franc CFA. C’est assez rare !

Nous atteindrons le premier soir, après 600 km, la ville de Tahoua où nous passerons la nuit.

Le lendemain, la caravane se met en route à l’aube, direction Agadez.

C’est le même scénario avec deux postes de contrôle (police, douane,..), des villages, à la différence que la chaussée est pleine de nids de poule. Sur les côtés de voie, les chauffeurs préfèrent emprunter les pistes de sable.

Déjeuner sous un arbre ; il fait plus de 40 degrés.

On poursuit jusqu’à l’entrée d’une autre région. Contrôle de police à Abalak. On présente les passeports comme à l’habitude. Le chef du poste revient et nous demande de retourner sans explication et immédiatement à Niamey. Le Ministère de l’Intérieur a donné des instructions pour que l’on quitte au plus vite la zone. Vous serez escortés par trois militaires qui se répartiront dans les véhicules. Impossible de retourner dormir à Tahoua. C’est trop dangereux. Coupeurs de route, Boko Haram, Touaregs, personne ne saura. Mais repartir où ?

Une tempête de sable suivie de trombes d’eau nous immobilise. Il semble faire déjà nuit à 5 heures du soir.

Nous sommes tous convoqués à la police de Tahoua. Aurons nous des informations ? C’est la première fois que nous sommes sans notre passeport qu’ils gardent. Sans passeport, il nous manque quelque chose. Des incertitudes, des doutes et des craintes s’installent. Personne n’est équipé de téléphone satellite. Et si la Police nous tendait un piège ? Nous devons prévenir nos Agences de voyage respectives par sms afin de signaler notre localisation géographique et brièvement expliqué notre situation. Comme nous devons entrer un par un dans les bureaux de la police, on craint de se voir retirer nos téléphones. Nous serions alors coupés de l’extérieur. Il se fait déjà tard. Au fond de la cour, un camion semble nous attendre. Si nous sommes contraints de le prendre, nous ne pourrons que subir, tant la caserne est pleine de militaires armés. Une quinzaine d’otages étrangers pourrait facilement se monnayer dans la région.

Ne pensons pas au pire. Et quel soulagement, quand le Chef nous souhaite bonne route en direction de Niamey. Nous allons reprendre la route.

Nos chauffeurs sont épuisés et ne peuvent regagner Niamey dans la nuit. On a obtenu la possibilité de dormir à Konni. Nous y arrivons à minuit. L’hôtel ne mérite pas d’étoiles mais on ne fait pas les difficiles. Les chauffeurs installent leurs tentes au milieu du parking. Comme nous, ils se font dévorer par les moustiques. Le groupe espagnol a bon moral et s’installe pour déguster la charcuterie qu’ils ont eue le soin d’amener avec eux depuis Madrid.

La nuit sera courte. On se dirige sur Dogondoutchi. Changement de région et de gardes armés. Discussions, etc. Puis direction Dosso. Mêmes mouvements. La Police n’a pas de gardes à mettre à notre disposition. Nous sommes priés d’aller déjeuner dans un hôtel restaurant qui semble appartenir à leur Administration. On retarde notre arrivée à Niamey de 3 heures !

Nous sommes calmes car nous retournons à la capitale. Où nous dirigera-t-on ? Peut être directement à l’aéroport pour nous expulser? Une façon de nous protéger?

Nous atteignons notre dernier poste de police, celui de la Capitale. On sera ensuite envoyé au Ministère des Affaires sociales. Le Consul d’Espagne est présent et nous attend. Au bout d’une heure, on nous rend individuellement nos passeports, sans explication. Des rumeurs signalent la présence de Boko Haram dans la région d’Agadez, de l’effet de boule de neige du Burkina Faso où toutes ses frontières ont été fermées. Mais on ne saura jamais.

Le groupe espagnol quitte le lendemain Niamey pour le Bénin.

Je resterai au Niger 8 jours de plus, avec les russes qui m’ont adopté comme leur guide et interprète.

L’hôtel Gaweye de Niamey sera ma base. On mange bien et les chambres avec vue sur le fleuve, sont agréables.

Le lendemain matin, la veille de la fête du Tabaski, nous partirons avec un chauffeur et un guide local, en direction d‘Ayorou, au nord ouest de Niamey, à la frontière du Mali. Nous serons stoppé au poste de contrôle de Tillabéri. Nous attendrons le Gouverneur de la région et l’écouterons pour comprendre la situation de son pays. C’est l’un de ses adjoints qui nous recevra. Pour lui, l’axe Niamey Agadez n’est pas considéré dangereux à cette époque. Si il l’était, l’accès serait interdit à toute circulation, nationaux ou étrangers. Il ne sait pas pourquoi on nous a demandé de quitter la zone. Les Allemands sont interdits de circulation dans cette région ; les chinois se déplacent avec escortes. « Par contre, si vous voulez vous rendre à Ayorou, vous devrez obtenir l’assistance d’éléments de l’armée. Il existe dans cette zone des réfugiés maliens. Et c’est de la que peut venir le danger. Comme vous êtes 4, il faut compter 10 personnes que je vous mettrai à disposition et que vous devrez prendre en charge ainsi que les frais d’hébergement et de gazole. »

Je décide immédiatement d’annuler notre excursion. Nous regagnons la capitale.

Les prochains jours, je visiterai l’Ile Boubon, les communautés Peuls et Touareg (Bonkoukou), le Parc W. Je prendrai une pirogue pour remonter le fleuve Niger, visiter les villages de pêcheurs et approcher les hippopotames.

Ce que j’ai pu voir du Niger est magnifique. Je dois y retourner prochainement. J’organiserai différemment la logistique, en utilisant les contacts que je m’y suis faits lors de ce voyage de reconnaissance. Il faut s’adresser à votre Ambassade, aux Ministères de l’Intérieur et du Tourisme, et surtout vous faire escorter.

On m’avait dit que le pays était l’un des moins visités d’Afrique. C’est pour sa pureté, la gentillesse de sa population et sa beauté, qu’il convient d’y retourner.

 

 

25/06/2015

J’ai épousé une Himba un mois par an...

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Famille Himba, Kaokaland, Namibie

De Mexico, j’ai volé à Londres. Je me suis prélassé au Spa du Corinthia Hotel (du même groupe que le splendide Corinthia de Khartoum, l’œuf de Kaddafi). L’ESPA est unique avec la transparence intégrale de son sauna. Quelle architecture !!! Puis j’ai dégusté les strozzapreti fraiches du Massimo; je suis retourné à la National Gallery.

Après une escale à Johannesburg, envol sur Windhoek, diner au restaurant allemand Gathemann sur l’avenue Independant (asperges du désert, steak de kudu), puis location d’un 4 4 et en route pour l’aventure sur les pistes, pour découvrir des déserts, une nature encore vierge, des tribus, dont celle des Himbas, l’un des derniers peuples nomades de la planète!

La Namibie, c’est un territoire d’une superficie d’une fois et demie la France, avec moins de 2.5 millions d’habitants.

On ne croise personne, on parcourt d’immenses territoires à perte de vue.

Le plus vieux désert au monde, celui du Namib (80 millions d’années) ; Sossusvlei, moins de 100 mm d’eau par an; Dead Vlei ou les arbres sont morts depuis 500 ans. Les dunes se sont formées il y a plus de 40 millions d’années par des sables venus d’Afrique du Sud ; le canyon de Sesriem.

Le village de Solitaire (on y a tourné Bagdad Café) ; le Parc Namib Naukluft, le Kuiseb Canyon et arrivée sur l’Atlantique à Walvis Bay et Swakopmund, petites villes très allemandes.

Le Damaraland avec ses éléphants, ses rhinocéros noirs, les montagnes de couleur terracota. Le Parc Etosha, ses rhinos blancs, ses zèbres, ses girafes, autruches, Kudus,...

18000 éléphants en Namibie, contre 140.000 au Bostwana.

Les rhinos sont toujours menacés par les Asiatiques (chinois) qui les chassent pour récupérer leur corne aux propriétés aphrodisiaques. Plus de 50 ont été tués en 2014. Quelle sauvagerie ! Les Namibiens, très attachés à leurs parcs, sont furieux.

Un avion privé pour voler vers le Nord Ouest (Kaokaland) jusqu’à la frontière de l’Angola ; un magnifique lodge Serra Cafema au bord de la rivière Kunene qui matérialise la frontière.

La tribu des Himbas est venue d’Angola, il y a 3-4 siècles. Ce sont des semi-nomades qui vivent de l’élevage de leur bétail. Je pars à leur rencontre. Départ fixé à 3 heures du matin. Il faut faire 75 km en quelques 4-5 heures. Je suis accompagné d’un guide et d’un interprète himba. On se dirige vers un grand plateau situé entre le Hartmannberge et le Marienfluss. Un peu d’humidité recueillie la nuit et de l’eau en sous sol dans le secteur permettent de faire pousser quelques herbes. Mais pour combien de temps ? Aujourd’hui, les bêtes peuvent se nourrir, les femmes himbas procèderont à la traite du bétail vers 7-8 heures du matin. Nous arriverons à temps et assisterons à cet évènement tant important dans leur vie.

Je suis autorisé à m’approcher et à les photographier dans leur élément et de façon naturelle. L’interprète himba qui est de cette région nous présente sa grand-mère et ses tantes. 

Une ravissante himba confie qu’elle n’a jamais rencontré d’étrangers. Elle trouve que j’ai la peau claire.

Est ce un problème, pour elle? Je m’adapterai, répond-elle en riant.

C’est alors que je comprends soudainement que l’interprète a lancé à sa tante l’idée que je désirais l’épouser.

Je lui confie qu’elle est très belle et que je suis tombé amoureux de sa beauté. Par contre, comment procéder car je ne la vois pas quitter son environnement et je ne m’imagine pas intégrer sa tribu.

Elle a 23 ans et trois enfants. Ou sont les pères, elle ne le sait pas. Quel âge ont les enfants, elle ne peut répondre.

Le temps connait ses limites.

Je lui demande si elle est heureuse. Très heureuse, répond-elle à l’interprète qui me traduit. 

Belle leçon de vie!

Un des frères intervient alors. Il représente son père et souhaite que nous procédions aux négociations. Il m’explique que la dot s’élève à une vingtaine de vaches pour cette jeune femme. Il faudra faire les calculs pour imaginer le montant de la transaction.

Le guide me regarde et l’interprète me traduit les échanges. Ils comprennent que je suis sous le charme de cette femme. Je suis effectivement envouté par cette situation atypique.

La jeune femme devine qu’il est en train de se produire quelque chose de nouveau pour elle. Elle me fixe longtemps du regard. Quelles force et insistance!

Je me risque à demander au frère si elle accepterait de m’épouser.

La réponse est bien sur affirmative. C’est mon père et moi-même, qui donnons notre accord.

Que leur répondre?

Il était 10 heures du matin et la journée semblait déjà très chaude.

Je me suis retourné vers le guide et nous échangeâmes d’homme à homme. Il me parla de cas où des étrangers épousaient deux sœurs himbas. Ensuite ils sont venus vivre tous les 3 à Opuwo, la capitale du Kaokaland, territoire des Himbas dont le nombre devait s’élever à 25-30.000.

Je comprenais assez facilement la situation ; deux sœurs se sentiraient moins seules et pourraient ainsi dialoguer. Quant à moi, la réponse n’était toujours pas évidente. Déja pour une femme, alors deux?

Finalement, je leur donnais une certaine satisfaction en leur promettant de revenir d’ici quelques mois. Pour montrer ma bonne foi, je leur versais une somme d’argent. La prochaine fois, j’apprendrais à découvrir un peu cette jeune femme.

Nous nous sommes tous serrés les mains.

Ils ont ri. Je n’ai pas tout compris.

Au retour, mon guide m’a dit que je venais de l’épouser sur la base d’un mois et ce, chaque année.

Tu leur as serré la main, c’est votre contrat, confirma l’interprète.

Je devrais retourner prochainement en terre des Himbas pour comprendre le contrat virtuel! Ou bien réel !

Qui veut m'accompagner?