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  • Afrique Secrète; Relations Afrique/Mexique

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    Ce fut le titre de l'exposition de mes photos prises en 2014-15 au retour du Soudan, Niger, Namibie et Cameroun. Les photos servirent de support culturel aux exposés de géopolitique présentés par les Ambassadeurs Oñate et da Costa e Silva.

    Pour voir les photos, se rendre sur www.jeanfrancoisdruz.com.

    En la présence d'une douzaine d'Ambassadeurs, l'ancien Ambassadeur de France au Mexique, Daniel Parfait, a commenté les photos ce 3 février dernier. Voici son discours. Merci Daniel.

     

    Tous ceux qui connaissent JFD savent qu’il a le sens de l’humour. C’est immédiatement ce que j’ai pensé quand il m’a proposé de dire quelques mots pour présenter son exposition de photos sur l’Afrique. En effet, l’Afrique est un continent où je n’ai jamais voyagé, dont je ne connais rien. Et l’autre continent dont j’ignore tout, c’est la photographie.

    Il me restait donc à faire une soustraction : si on retire l’Afrique, dont l’ambassadeur va parler, et les photos, qui parlent d’elles-mêmes, il reste le photographe.

    Je voudrais donc vous parler de JFD, de ce voyageur impénitent qui parcourt le monde avec une inépuisable curiosité. Il a ses habitudes de voyage, sa manière de régler son regard sur le monde. Qu’est ce qui le caractérise, le distingue ?

    JFD ne voyage pas comme tout le monde. C’est un vrai voyageur, ceux dont Baudelaire disait :

                      … Les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
                      Pour partir ; …
                      Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

    C’est exactement cela : JF, quand vous le rencontrez, rentre de voyage, et il s’apprête déjà à repartir, son appareil photo en bandoulière. Mais, il ne voyage pas comme la plupart d’entre nous.

    D’abord, il prend le risque d’aller là où personne ne va. Qui se risquerait aujourd’hui à voyager au Soudan ? Vous verrez d’incroyables photos de ce voyage qu’il a entrepris avec Carmen. Il lui a très joliment dédié le livre magnifique où il raconte ce voyage en images. Meroe est une cité de légende. Capitale de la Nubie, elle a été dirigée, à plusieurs reprises par des reines, dont certaines sont devenues célèbres. Et puis, vers l’an 300, cette civilisation disparait, avalée par les sables. C’est à propos des monuments de Nubie qu’André Malraux a prononcé à l’Unesco, en 1960, cette phrase célèbre :

                      « Il n’est qu’un acte sur lequel ne prévale ni la négligence des constellations ni le murmure éternel des fleuves : c’est l’acte par lequel l’homme arrache quelque chose à la mort ».

    Les nécropoles de Méroe ont résisté au sable, à la mort, mais elles gardent tout leur mystère. Ce mystère inspire JF et ses photos l’expriment. On est saisi d’un sentiment puissant en les regardant, d’un sentiment où la croyance en une forme de transcendance, qu’on peut appeler la foi, trouve dans l’art la manière d’échapper au temps.

    Souvent, JF part seul. Non seulement il prend le temps de voyager, qui est le temps de comprendre, mais il s’immerge dans le pays. J’aurais presque envie de dire qu’il passe inaperçu, mais c’est difficile à imaginer. Pourtant, on sent dans les yeux qui regardent la caméra cette confiance qu’on éprouve à l’égard d’un ami. Comment aurait-il pu faire tant de photos qui mettent les gens à nu s’il n’avait su établir cette relation qui conduit ceux qu’on photographie à livrer une part d’eux-mêmes ? Nul n’aime vraiment être photographié sauf à porter un masque pour apparaitre autre que ce qu’on est : plus jeune, plus beau, plus intelligent. Rien de tel dans les portraits de JF : les gens y sont ce qu’ils sont. Ils sont l’exact contraire des photos de mode qui montrent autre chose que l’âme : des vêtements, des objets, un maquillage, rien d’intérieur. Même les jeunes gens, hommes et femmes, parés de couleurs vives destinées à séduire ou simplement habillés pour participer au festival de Gerewol, nous laissent lire, sous ces couleurs, le fond d’eux-mêmes.

    Quel est le secret de JF pour obtenir que tous ces gens qu’il croise acceptent d’être dévoilés ? Au-delà même des liens d’amitié et de confiance que JF parvient à nouer, il y a la tendresse. On la sent affleurer dans chacune des photos. Ces gens sentent qu’il les aime. Avec lui, ils peuvent sans crainte être eux-mêmes. Ils se montrent tels qu’ils sont, le plus naturellement du monde.

    Dans les photos de JF, il y a une forme de baiser. Dans Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand écrit :

                      Un baiser, mais, à tout prendre, qu’est-ce ? …
                      Une communion ayant un goût de fleur,
                      Une façon d’un peu se respirer le cœur,
                      Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme.

    Et l’âme apparait au bord de l’objectif. Je ne résiste pas à la tentation d’ajouter que le clic de l’appareil appelle une autre définition du baiser :

                      Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille.

    Vous l’aurez compris : les photos de JF sont un langage poétique pour décrire, plutôt pour découvrir, c’est-à-dire retirer ce qui couvre, ce qui cache, plus encore pour aller au fond de l’humanité de ceux qu’il croise. Elles sont un hymne à l’humanité.

    L’humanité, le mystère, que cherche JF ? quelle fin poursuit-il ? Part-il pour voyager, et en profite-t-il pour faire des photos, ou part-il pour faire des photos ? Les deux sont indissociables. Si JF avait vécu avant l’invention de la photo, il serait parti avec ses planches à dessin, ses carnets de voyage et, comme les explorateurs français du XIXème siècle, Alcide d’Orbigny, Aimé Bonpland et tant d’autres, nous aurait rapporté des croquis, des reproductions, des peintures aussi de la vie en ce temps-là. Je pense aussi à Désiré Charnay, le premier à publier des photographies de Mitla et de Chichen Itza que le musée de San Ildefonso a récemment présentées.

    Les photos parlent d’elles-mêmes, elles disent beaucoup, je vais donc leur passer la parole, une parole silencieuse. Je terminerai simplement avec Baudelaire :

                      Etonnants voyageurs ! Quelles nobles histoires
                      Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !

     

     

     

  • Afrique : Traditions, Cultures, Cérémonies... menacées ?

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    De gauche à droite :

    Mère et enfant Himba (Namibie), Jeunes éleveurs Dinka (Sud Soudan), Enfants Surma (Ethiopie).

    Aujourd’hui, les touristes délaisseraient le safari traditionnel animal pour le safari humain.

    On peut se poser des questions.

    A force de voir défiler des étrangers, des photographes, des tours opérateurs, les Himba, Mursi et Surma abandonneront-ils un jour leurs traditions ?

    Dans la vallée de l’Omo (Ethiopie), plus de 30.000 visiteurs s’y engouffrent chaque année !

    Que restera-t-il de la vie réelle et authentique de ces populations qui échangent une photo contre une pièce ou un billet?

    Les cérémonies des cultures africaines ont été analysées, photographiées, répertoriées et défendues depuis 35 ans par Carol Beckwith et Angela Fisher.

    Reportez vous à leurs merveilleux ouvrages rappelés sur www.Africanceremonies.com

  • Où en est l’Afrique en matière agricole?

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    Plus que l’achat de terres (réalisé par la Chine, le Golfe, la Corée du Sud), il faut attirer des capitaux étrangers sous la forme d’investissements productifs dans l’agriculture.

    L’Afrique est le deuxième continent à croître après l’Asie.

    Mais cet enrichissement ne profite pas aux plus pauvres. Ex Zambie et ses inégalités croissantes dans la distribution de la richesse.

    Autrefois l’Afrique était un exportateur net. Le Soudan était le grenier de l’Empire Romain.

    Actuellement 35 Mds$ de produits alimentaires importés.

    En 2000, les Gouvernements se sont engagés à consacrer 10% de leur budget à l’agriculture. Seuls 6 pays l’ont fait !

    Il faut davantage investir en agriculture et en infrastructures.

    La formation des petits agriculteurs est à l’ordre du jour. Il faut encourager la politique de transformation des produits sur place. Et développer la promotion de l’agriculture familiale.

    Ce serait envisageable, si les budgets étaient accrus au delà du seuil de 10%.

    Attention à la forme d’exploiter les ressources naturelles !

    Dans le domaine des forêts, les gouvernements connaissent un manque à gagner de 18 Mds$/an.

    Dans le domaine de la pêche, les navires (on ignore les pavillons et les propriétaires) pillent les mers.

     

    Propos recueillis auprès de Michel Camdessus, ancien directeur du FMI, membre de l’Africa Progress Panel