16/01/2014

Rencontre en pleine mer entre Cochin et Malé.

Ixtis, le catamaran de 35 mètres, quitta la baie de Cochin en direction de Malé.

La distance représentait quelques 400 milles. Avec les vents portants, il ne devait pas falloir plus de 2 jours pour rallier le port de la capitale peu accueillante des Maldives.

Au milieu de l’Océan Indien, notre bateau se trouva face à deux planches à voile, ridiculement petites, que nous découvrîmes avec un grand étonnement. A leur bord, deux jeunes garçons d’une quinzaine d’années !

Interloqués, nous nous approchâmes d’eux en tentant de communiquer en anglais. D’ou venaient-ils et pourquoi étaient ils abandonnés dans cette mer légèrement houleuse ?

Ils ne pouvaient s’exprimer mais nous indiquèrent la direction de ce qui devait être leur base. Effectivement au loin, flottait un grand radeau rehaussé d’un mat et d’une cabine qui pouvait accueillir une famille.

Nous avions lu à propos des risques de la région fréquentée par les pirates. Il était vrai qu’ils se déplaçaient en vedette rapide plutôt qu’en radeau. Nous nous étions convaincus qu’il ne nous arriverait en principe rien.

Notre catamaran se rangea le long du radeau. Nous fûmes accueillis par une vingtaine d’individus souriants : des hommes barbus, des femmes enceintes, des jeunes enfants. Deux s’exprimaient dans un anglais approximatif mais suffisant pour dialoguer.

Ils nous expliquèrent qu’ils avaient dérivé depuis le Sri Lanka, il y a quelques vingt ans. Depuis, ils avaient pris gout à ce style de vie.

Ils étaient des nomades de l’Océan qui se déplaçaient au gré des courants, des vents, des moussons. Ils savaient qu’ils ne tarderaient pas à s’échouer sur l’une des iles des Maldives et qu’ils y prendraient un repos de quelques mois. Et la, ils étaient sûrs de faire des rencontres. Les planches à voile qu’ils possédaient leur avaient été offertes par des étrangers qui séjournaient sur la même île.

Ils avouaient que leurs problèmes principaux étaient liés à la restriction d’eau potable, à la venue d’un éventuel tsunami, aux manques de légumes frais et à la crainte d’une attaque d’hommes qu’ils croiseraient davantage à celle de requins.

Ils avaient installé une bâche qui leur permettait de récolter l’eau de pluie lors des averses. Les bidons de plastique arrimés permettaient le stockage de ce bien précieux.

Ils nous offrirent du poisson frais. Après avoir partagé un thé, nous nous séparâmes.

Quelle rencontre inédite !

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02/12/2013

La Mission Hasekura

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7 ans de mission: de 1613 à 1620.

 Hasekura et le galion San Juan Bautista

Il y a 400 ans, la première expédition diplomatique envisageait le début de relations commerciales entre le Japon et la Nouvelle espagne.

En Octobre 1613, sortait du port de Tsukinoura, le bateau Saint Jean Baptiste.

L’expedition maritime eut lieu sous les ordres du Seigneur de Sendai, Masamune Date. Elle fut conduite par le samouraï Tsunenaga Hasekura (1571-1622), en qualité d’Ambassadeur, qui fut accompagné de 180 hommes.

Après 3 mois de traversée, l’expédition atteint Acapulco en janvier 1614. Après la traversée de Mexico, c’est en juin que le samouraï ainsi qu’une vingtaine de membre de la délégation quittèrent le port de San Juan de Ulua, Veracruz, pour rejoindre Séville, en passant par la Havane.

Le samouraï fut reçu par le Roi Felipe III d’Espagne à qui furent transmises les lettres de Masamune Date. Hasekura se rendit aussi au Vatican en 1615 où il rencontrera le Pape Paul V. Hasekura se convertira au christianisme la même année.

La mission regagna Mexico en 1617 et quitta Acapulco en 1618 en direction de Manille. La réponse du Roi d’Espagne se fit attendre. La mission dut quitter Manille avant de connaître la position de l’Espagne.

La mission dura 7ans.

La réponse de l'Europe fut négative. En effet, à cette époque, le Japon était hostile au christianisme sur son sol. Le Japon entrera par la suite dans sa période d’isolationnisme (sakoku).

Il faudra attendre 1852 pour que les premières relations commerciales s’établissent.

Aujourd’hui, 4 siècles après la mission Hasekura, Mexique et Japon sont de solides partenaires commerciaux.

 

 

19/10/2013

Retour à Mexico

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Lithographie de Casimiro Castro, 1855 : On embarquait sur le canal de la Viga, reliant le lac de Xochimilco au Zocalo, comme au temps des Aztèques.

4 mois de voyages, c’est à la fois long et court !

J’aurais visité et découvert de nouveaux espaces, contrées, cultures, cuisines, personnes, lectures, temps, édifices, ruines, etc.

L’anglo-saxon pourra me demander : So what ? Je n’ai pas de réponse précise à lui fournir.

Mais je sais que j’ai vécu intensément tous les instants de ces situations. J’aime les voyages.

J’ai mangé les meilleurs filets d’agneau à Istanbul, dégusté les yaourts non pasteurisés d’Ouzbékistan, photographié les dromadaires devant un temple de l’ancienne Merv, marché deux km pour atteindre la frontière du Turkménistan, admiré les ballets de danse El Merosi de Samarkand, dormi au prestigieux Sofitel d’Ashgabad, aperçu le Président Gurbanguly Berdimuhamedow dans beaucoup des lieux publics, vu depuis un minaret les couchers de soleils à Khiva, pris un massage à l’aéroport d’Istanbul et à Boukhara, déjeuné à la Chèvre d’Or d’Eze, assisté aux grandes voiles de Toulon, rencontré PPDA, découvert le Mucem de Marseille et sa remarquable expo du Noir et Bleu, redécouvert les Impressionnistes au musée Granet d’Aix, été au départ d’une course des voiles d’Or de Saint Tropez, apprécié du bar à la ligne de l’Oursinado, dormi à la Mirande à Avignon, visité la cite des Papes et le musée Calvet, passé deux nuits à Beaune à l’hôtel du Cep, découvert le Dalineum, déjeuné au Charlemagne a Pernand Vergelesses, admiré la philosophie des créateurs de l’Hôtel Dieu de Beaune, acheté du Chambolle-Musigny au Château André Ziltener, dégusté au Caveau Napoléon de Fixin, visité Fontainebleau, terminé les voyages au Westminster de Paris, déjeuné au Minipalais, apprécié le temps et sa météo dans l’ensemble, lu Bilkis la princesse de Saba et les Jardins de Lumière d’Amin Maalouf au temps de Mani, etc, etc...

Mani, quelle vision humaniste au IIIème siècle de notre ère !

J’ai aussi acheté le dernier livre de Jean d’Ormesson : « Un jour, je m’en irais sans en avoir tout dit ». Jean d‘O. lutte contre le cancer depuis le début de l’année. Enthousiaste, généreux, il parle de la force de l’Amour.

Il a raison. Courage Jean, nous t'aimons.

Il est exact que seul l’Amour importe.