20/10/2015

Des obstacles pour assister au Festival de Gerewol du Niger

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Sur le fleuve Niger; Communautés Peul, Mbororo.

Je devais me rendre pour un reportage dans la vallée de l’Omo en Ethiopie, début Septembre. Un contre temps de dernière minute –mon associé annule sa participation- m’obligea à renoncer et reconsidérer une destination.

J’ai fait appel tout de suite à mon Agence catalane spécialisée en voyages hors des sentiers battus, pour photographes, aventuriers ou mercenaires.

Nous avons convenu de nous rendre ensemble au Niger pour participer au festival du Gerewol.

Il me suffisait de prendre un visa à l’Ambassade du Niger à Paris et de choisir un hôtel à Niamey. Départ depuis Paris prévu le 17 septembre.

La veille, je vérifie mon visa pour le Niger. Une erreur de date s’est produite ! Je ne pourrai pas voyager le lendemain. En moins de 2 heures de temps, j’arrive toutefois à obtenir des services consulaires de l’Ambassade (fermés les après midis) une attestation qui reconsidère la date de mon entrée. Un miracle !

Le jour J, je prends le vol direct AF 548 d’Air France décollant à 11:10. Mon bagage est enregistré. Nous embarquons à l’heure. Nous atteignons la piste de décollage, lorsque le capitaine nous annonce que le vol vient d’être annulé. La raison est le coup d’Etat qui s’est produit la veille au Burkina Faso et qui a conduit à la fermeture de l’aéroport de Ouagadougou. En fait peu de passagers se rendaient à Niamey, escale du vol Paris Ouagadougou, capitale du BF, où se trouve bloqué l’équipage du vol retour d’Air France.

Air France nous demande de nous tenir à disposition de la compagnie car nous reprendrons le même vol le lendemain. On nous offre la nuit à Roissy. Triste et rageant.

Le lendemain, je me rends aux aurores au comptoir d’embarquement. Le vol semble être confirmé. Bizarre pourtant car les coups d’états dans les pays africains ne se terminent pas aussi rapidement! Il faudra attendre une heure avant le supposé départ pour constater son annulation. Air France explique qu’un nouveau vol est prévu le lendemain à la même heure. Devons nous les croire ? Oui car le vol aurait été redéfini pour assurer la liaison Paris - Cotonou – Niamey.

Je doute arriver à temps à Niamey où je paie depuis hier les services de guide et chauffeur, aussi je demande à voyager le même jour par Casablanca. Ensuite j’attraperai le vol du soir d’Air Maroc où j’atteindrai Niamey le lendemain matin à 3 :30. Cela me donnera d’ailleurs l’occasion de passer quelques heures à Casablanca.

L’arrivée au petit matin le 19 septembre à Niamey se fait dans un aéroport à faible éclairage. J’attends peu de temps mon guide à la sortie qui doit venir me chercher. Mais il n’apparaît pas. Dans la nuit noire, deux personnes me prennent mon bagage et me dirigent vers un taxi tout déglingué. Le chauffeur a bonne mine. Je lui fais confiance et il m’accompagne à mon hôtel au travers de routes non éclairées.

Ce premier jour, je le consacrerai au musée de Niamey et à une promenade très agréable en pirogue sur le fleuve Niger, avant le coucher de soleil. Les pluies ont terminées et le fleuve a beaucoup d’eau. On devine ici et là le dos des hippopotames qui effleurent le fleuve. Il n’y a rien à craindre, me dit-on, car le bruit du moteur de la pirogue dérange l’ouïe des hippopotames. La semaine dernière, une pirogue à rames a été renversée et le corps du passager a été retrouvé quelques centaines mètres à l’aval de Niamey.

Le lendemain, nous sommes prêts pour nous diriger dans la direction de Ingal.

Je rejoins deux sous groupes d’étrangers, espagnols et russes. Il est préférable de circuler en caravane de plusieurs véhicules tout terrain, me dit le catalan. Au total, entre les chauffeurs, les touristes et le matériel et la logistique (équipe pour monter les tentes, cuisiniers, personnel de sécurité), nous formons une caravane de sept véhicules Land cruiser.

Les postes de contrôle de police sont nombreux tout au long de la route, en direction de Agadez. Nous montrons nos passeports, nous attendons entre 45 mn et deux heures à chaque poste. Je suis frappé de constater que l’agence de voyage n’a pas incorporé avec nous des gardes de l’armée. J’en avais utilisé les services au Cameroun. L’Ambassade de France du Niger m’avait fait les mêmes recommandations : si vous sortez de Niamey, vous devez être escorté par l’armée. Je demande pourquoi l’organisation espagnole n’a pas prévu ses mesures de sécurité. Pas obligatoire, me répond-on !

Sur la route, nous découvrons de jolis villages très colorés. Nous nous arrêtons à Muntseka et nous déjeunons dans une baraque à Konni.

Nous reprenons la route et je constate que nous traversons un nouveau poste de police, sans devoir laisser au passage à la police, le moindre franc CFA. C’est assez rare !

Nous atteindrons le premier soir, après 600 km, la ville de Tahoua où nous passerons la nuit.

Le lendemain, la caravane se met en route à l’aube, direction Agadez.

C’est le même scénario avec deux postes de contrôle (police, douane,..), des villages, à la différence que la chaussée est pleine de nids de poule. Sur les côtés de voie, les chauffeurs préfèrent emprunter les pistes de sable.

Déjeuner sous un arbre ; il fait plus de 40 degrés.

On poursuit jusqu’à l’entrée d’une autre région. Contrôle de police à Abalak. On présente les passeports comme à l’habitude. Le chef du poste revient et nous demande de retourner sans explication et immédiatement à Niamey. Le Ministère de l’Intérieur a donné des instructions pour que l’on quitte au plus vite la zone. Vous serez escortés par trois militaires qui se répartiront dans les véhicules. Impossible de retourner dormir à Tahoua. C’est trop dangereux. Coupeurs de route, Boko Haram, Touaregs, personne ne saura. Mais repartir où ?

Une tempête de sable suivie de trombes d’eau nous immobilise. Il semble faire déjà nuit à 5 heures du soir.

Nous sommes tous convoqués à la police de Tahoua. Aurons nous des informations ? C’est la première fois que nous sommes sans notre passeport qu’ils gardent. Sans passeport, il nous manque quelque chose. Des incertitudes, des doutes et des craintes s’installent. Personne n’est équipé de téléphone satellite. Et si la Police nous tendait un piège ? Nous devons prévenir nos Agences de voyage respectives par sms afin de signaler notre localisation géographique et brièvement expliqué notre situation. Comme nous devons entrer un par un dans les bureaux de la police, on craint de se voir retirer nos téléphones. Nous serions alors coupés de l’extérieur. Il se fait déjà tard. Au fond de la cour, un camion semble nous attendre. Si nous sommes contraints de le prendre, nous ne pourrons que subir, tant la caserne est pleine de militaires armés. Une quinzaine d’otages étrangers pourrait facilement se monnayer dans la région.

Ne pensons pas au pire. Et quel soulagement, quand le Chef nous souhaite bonne route en direction de Niamey. Nous allons reprendre la route.

Nos chauffeurs sont épuisés et ne peuvent regagner Niamey dans la nuit. On a obtenu la possibilité de dormir à Konni. Nous y arrivons à minuit. L’hôtel ne mérite pas d’étoiles mais on ne fait pas les difficiles. Les chauffeurs installent leurs tentes au milieu du parking. Comme nous, ils se font dévorer par les moustiques. Le groupe espagnol a bon moral et s’installe pour déguster la charcuterie qu’ils ont eue le soin d’amener avec eux depuis Madrid.

La nuit sera courte. On se dirige sur Dogondoutchi. Changement de région et de gardes armés. Discussions, etc. Puis direction Dosso. Mêmes mouvements. La Police n’a pas de gardes à mettre à notre disposition. Nous sommes priés d’aller déjeuner dans un hôtel restaurant qui semble appartenir à leur Administration. On retarde notre arrivée à Niamey de 3 heures !

Nous sommes calmes car nous retournons à la capitale. Où nous dirigera-t-on ? Peut être directement à l’aéroport pour nous expulser? Une façon de nous protéger?

Nous atteignons notre dernier poste de police, celui de la Capitale. On sera ensuite envoyé au Ministère des Affaires sociales. Le Consul d’Espagne est présent et nous attend. Au bout d’une heure, on nous rend individuellement nos passeports, sans explication. Des rumeurs signalent la présence de Boko Haram dans la région d’Agadez, de l’effet de boule de neige du Burkina Faso où toutes ses frontières ont été fermées. Mais on ne saura jamais.

Le groupe espagnol quitte le lendemain Niamey pour le Bénin.

Je resterai au Niger 8 jours de plus, avec les russes qui m’ont adopté comme leur guide et interprète.

L’hôtel Gaweye de Niamey sera ma base. On mange bien et les chambres avec vue sur le fleuve, sont agréables.

Le lendemain matin, la veille de la fête du Tabaski, nous partirons avec un chauffeur et un guide local, en direction d‘Ayorou, au nord ouest de Niamey, à la frontière du Mali. Nous serons stoppé au poste de contrôle de Tillabéri. Nous attendrons le Gouverneur de la région et l’écouterons pour comprendre la situation de son pays. C’est l’un de ses adjoints qui nous recevra. Pour lui, l’axe Niamey Agadez n’est pas considéré dangereux à cette époque. Si il l’était, l’accès serait interdit à toute circulation, nationaux ou étrangers. Il ne sait pas pourquoi on nous a demandé de quitter la zone. Les Allemands sont interdits de circulation dans cette région ; les chinois se déplacent avec escortes. « Par contre, si vous voulez vous rendre à Ayorou, vous devrez obtenir l’assistance d’éléments de l’armée. Il existe dans cette zone des réfugiés maliens. Et c’est de la que peut venir le danger. Comme vous êtes 4, il faut compter 10 personnes que je vous mettrai à disposition et que vous devrez prendre en charge ainsi que les frais d’hébergement et de gazole. »

Je décide immédiatement d’annuler notre excursion. Nous regagnons la capitale.

Les prochains jours, je visiterai l’Ile Boubon, les communautés Peuls et Touareg (Bonkoukou), le Parc W. Je prendrai une pirogue pour remonter le fleuve Niger, visiter les villages de pêcheurs et approcher les hippopotames.

Ce que j’ai pu voir du Niger est magnifique. Je dois y retourner prochainement. J’organiserai différemment la logistique, en utilisant les contacts que je m’y suis faits lors de ce voyage de reconnaissance. Il faut s’adresser à votre Ambassade, aux Ministères de l’Intérieur et du Tourisme, et surtout vous faire escorter.

On m’avait dit que le pays était l’un des moins visités d’Afrique. C’est pour sa pureté, la gentillesse de sa population et sa beauté, qu’il convient d’y retourner.

 

 

28/11/2014

Je reviens de 30 jours de voyage

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Les Pyramides de Méroé au fond

Je suis d’abord parti retrouver la France, ses saveurs, musées, ses restaurants, l’humeur de ses habitants.

Donc j’ai commencé par Paris. L’hôtel de la Tremoille est bien situé. Les chambres sont mieux que les petits déjeuners. Les restaurants italiens (Stresa, Bocqua d’Or) sont bons et chers, même si l’on ne demande pas de truffes.

Le meilleur restaurant du midi est le Mini palais, situé à côté du Grand Palais. Je suis donc allé voir la Fiac. J’ai visité la maison Européenne de la Photo (Alberto Garcia-Alix, Pascal Maitre avec Afriques) et j’ai vu à Beaubourg les œuvres de l’architecte Frank Gerry qui a fait la Fondation Louis Vuitton. Le nouveau musée Picasso n’était pas encore ouvert. L’exposition du Maroc contemporain à l’Institut du Monde Arabe.

Puis j’ai continué par la Provence. Descente par le TGV. Je suis descendu à Toulon. Puis en route pour Arles. Quelle merveilleuse ville au passé Romain. L’église St Trophime (évêque au 3ème siècle) qui fut primatiale et terminée en 1172, avec son très beau cloitre. Théâtre antique du 1er s. avant n.e. Amphithéâtre du 1er s de notre ère. Forum, cryptoportiques, cirque. Fondation Van Gogh (le chinois Yan PEI Ming expose) et le musée Réattu (le photographe Lucien Clergue qui vient de décéder ; Picasso). Musée de l’Arles Antique (sarcophages paléochrétiens, chaland antique Arles Rhône 3 de 31 mètres enfoui dans le Rhône, buste d’Auguste, tête de César).

St Rémi de Provence, les Carrières de Lumières aux Baux avec le spectacle consacré à Klimt et Vienne.

Puis envol pour le Caire. Poursuite sur Khartoum, Soudan. Logement au Corinthia, à l’embouchure des 2 Nils, dans « l’œuf de Kadhafi ».  Le Musée d’archéologie et les céramiques de l’époque pré Kerma (-5000 -2400 ; objets datant avant l’Egypte), les buffets de l’hôtel Corinthia, la ville d’Omdurman et l’ancien quartier militaire du Mahdi en 1884, le souvenir de la bataille des Britanniques conduite par Lord Kitchener en 1898.

Départ pour Méroé (Royaume du -4è s à +4è s.), en empruntant la route à destination de Port Soudan ; arrêt à Musawwarat Es-Sufra (temple de l’éléphant) et le temple d’Apademak (250 bc) et à Naga (temple d’Amon construit par le roi Natakamani et la reine Amanitoré ; le temple Apadémak et le kiosque gréco-romain) ; la nécropole royale de Méroé et ses 100 pyramides : partie sud (700 bc) et nord (270 bc), la pyramide de la reine candace –guerrière Amanishakheto (elle a règné de -10 à +1) et son trésor conservé à Berlin et Munich (il fut volé en 1834 par l’italien Giuseppe Ferlini).

Les déserts, les nomades, les criquets, Jebel Barkal (temple d’Amon construit par Ramsès ll), Napata la capitale de la Nubie du 9ème s. avant jusqu’au transfert à Méroé. La 25ème dynastie et un siècle de pharaons noirs régnant sur l’Egypte jusqu'à leur défaite face aux Assyriens. Le principal Pharaon Taharqa. Tombeaux de El Kurru et les 60 tombes royales et de Nuri (Fut enterré Taharqa).

El Dongola, capitale chrétienne dès le 6ème s. Trois empires nubiens  dont celui de Makouria (capitale Dongola). Accord avec les Arabes (qui envahirent l’Egypte) jusqu’au 14ème s (traité, le baqt). Les musulmanes épouseront des Princes de Nubie. La Chrétienté devient minorité.

Retour à Khartoum et envol pour le Caire. Rendez vous avec Zahi Hawas. Visite de la librairie Américaine à la place Tahrir. Visite des pyramides de Giza. La Citadelle. Le quartier de Mokattam avec son centre de recyclage de plastiques et ses 7 églises chrétiennes.

Le quartier Copte, le musée, Mari Girgis. Caravansérail et derviches. Le déjeuner devant les pyramides d’Abu Sir, le terrain de Polo et Faruk.

Le Caire-Paris-Mexico. C’est long mais que de souvenirs et d’expositions en préparation.

23/09/2014

San Luis Potosi, Villa de la Paz, Real de Catorce, l’Altiplano

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L'église de Real de Catorce

San Luis Potosi, capitale de l’Etat du même nom, a son nom formé du Roi Saint Louis de France (le roi était le modèle et le Saint préféré des Franciscains) et de Potosi (Montagne fameuse pour ses gisements d'argent dans le vice Royaume du Pérou, de la nouvelle Espagne).
Rappelons que Saint Louis est né à Poissy en 1214, (il y a 900 ans). A ses 12 ans, à la mort de son père Louis Vlll, ce fut sa mère l'espagnole Blanche de Castille qui régenta le royaume jusqu'à sa majorité. Il épousa Marguerite de Provence. Durant son règne (1226-1270), Louis lX fut un modèle de paix et de justice.
 
A Paris, il édifia la Sainte Chapelle. Il participa aux deux dernières croisades et trouva la mort à Tunis en 1270.

La ville de San Luis Potosi prit ses origines en 1592.

A visiter la Cathédrale (1701-1730), le Palais du Gouvernement (1789), le Temple del Carmen (1749-1764), les Archives historiques de l'Etat dans la rue Arista, les jardins de Saint Augustin et sa basilique,... 

Ses musées: Francisco Cossio (Maison de la Culture), le musée de la Mascara (masques, exposition actuellement sur les Huichols), le musée Federico Salvi (merveilleuses sculptures du sculpteur), le centre des Arts (ancienne prison convertie en Ecole des Arts en 2008, exposition de "Mano a Mano", avec des artistes et photographes français comme Perrin), le musée d'Art Contemporain ( actuellement les présentations de deux génies du Streets Art, Isaiah Zagar et Saner).
Le théâtre de La Paz, l'édifice Ipiña (1906-1912, inspiration des immeubles de la rue de Rivoli),
 

Promenade sur la Calzada de Guadalupe. On découvre la Casa del Agua, réservoir d'eau qui alimentait les habitants dès 1827.
On passe devant la bibliothèque publique de l'Ejercito Mexicano (Armée de terre).

Pour l'anecdote, j'ai visité les Archives de l'Etat et la bibliothèque de l'Armée pour faire des recherches sur la présence de la centaine d'Irlandais ayant participé à l'Indépendance des Etats Unis, puis ayant déserté afin de rejoindre l'Armée Mexicaine de Santa Ana luttant contre les Etats-Unis en 1847. Leur base fut en partie autour de San Luis Potosi. Les Mexicains perdront la guerre ainsi que de nombreux territoires, Californie, Texas. Une cinquantaine seront exécutés la même année au pied du Château de Chapultepec de Mexico pris par les Etats-Unis.
Je recommande le livre de Patrick Mahé sur le sujet (Les oies sauvages meurent au Mexique).

On quitte Saint Luis pour se diriger vers le Nord de l'Etat, à 200km et atteindre Matehuala, la capitale de l'Altiplano, terre de désert et de cactus, nopal, maguey. Des cieux bleus intenses, des sols de poudre blanche, sur la ligne du Tropique du Cancer...
Terre autrefois des Chichimèques qui sont apparus au 13ème siècle.

Matehuala est un centre commercial et minier qui remonte à 1550. Le Temple grandiose l'Immaculée Conception a été dessiné par l'architecte italien Adamo Boari. C’est une copie de l’église de Saint Joseph des Brotteaux (Lyon, France).
A quelques 10 kilomètres, la ville de La Paz. Nous avons la chance de connaitre le Maitre des lieux. Il s'agit de José Cerillo, propriétaire de mines de concentrés de plomb et de cuivre. Et c'est aussi un généreux mécène. Il nous fera visiter ses galeries et tunnels (impressionnant!) sous la montagne d'El Fraile. Puis découverte de ses musée, bibliothèque (ancienne chapelle de San Francisco), et théâtre dont bénéficie gratuitement la population. A voir la collection permanente du peintre anglais James Reeve, qui passa 15 ans à Xilitla, dans la Huastèque Potosine, et dont le village fut rendu célèbre par le génial, mécène et surréaliste architecte, Edward James qui y laissa de nombreuses constructions inachevées.

Les zones minières de Guanajuato et Zacatecas furent découvertes respectivement en 1546 et 1558.
 
Nécessaire pour le travail de l'argent, le sel fut découvert en abondance en 1561, aux Salinas del Peñol Blanco.
Les indigènes étaient belliqueux et les guerres Chichimèques terminèrent en 1588 par l'intervention du capitaine métis Miguel Caldera.

A 50 km à l’ouest, on se dirige vers la ville magique de Real de Catorce. Avant d'arriver dans cette petite ville mi abandonnée, mi en redémarrage, on traverse les villages (la Luz, Potrillo,..) où se situaient les anciennes mines d'argent aujourd’hui abandonnées et qui furent le poumon économique du pays à la fin du 18ème siècle, avant l'indépendance du Mexique.
 
Puis on emprunte le tunnel d'Ogarria, long de 2.5 km.
Et l'on débouche sur un magnifique village tout en pierre avec ses 1200 âmes.
Sur la place principale, une église dédiée à la Conception et où est vénéré Saint François d'Assise chaque 4 Octobre.
On visitera la Casa de la Moneda où l'on fabriqua la monnaie entre 1865 et 1866, le Palenque de Gallos qui a une forme de petit théâtre de Grèce antique et ou l'on donnait des représentations de combats de coqs, une place de toros, enfin à l'extérieur de la ville, l’église de la Virgen de Guadalupe avec son magnifique cimetière entièrement muré.

La ville de Real de Catorce connut sa gloire dès 1772, lorsque les mines furent découvertes. Elle connut son déclin après la Révolution de 1910.
Quelques projets de réouverture de mines pourraient menacer sa quiétude et son tourisme.
 
La compagnie canadienne, First Majestic Silver en particulier, tente de convaincre la population souvent sans emploi, de les rejoindre pour un meilleur salaire.
 
Mais une levée de boucliers se produit auprès des Huichols (groupe ethnique wixarica ou huichol) qui considèrent que le Cerro Quemado, leur centre du monde et lieu de cérémonie, serait détruit. Le Cerro Quemado, à 40 minutes à dos d'âne de Real de Catorce, est une montagne qui domine toute une immense vallée, sur 180 degrés à l'ouest, avec les villages de Estación Catorce et Wadley au bas.
 

Qui gagnera entre la compagnie et les Huichols?

La région est inscrite dans une zone naturelle protégée en 2000 ou a été tracé le couloir culturel de Wirikuta (Cerro Quemado).
Gabino Palomares chante que "les mines emportent avec elles la richesse et qu'elles laissent la pauvreté".
Les Huichols, originaires principalement de la côte pacifique, dans l'état de Nayarit, ainsi que de l'état du Jalisco, réalisent à pied ou en bus, de longs pèlerinages qui les conduisent au désert de Real de Catorce où ils cueillent une des fleurs d'un cactus, la plante sacrée hikuri (peyote) qui est un champignon hallucinogène.

Mais tout est loin d’être aussi pur. L'Université de Guadalajara a étudié des échantillons de terre et du peyote de la région. Il s'avère que l'on y a recensé une haute teneur en arsenic et plomb!

Alentour, il existe de nombreuses découvertes à faire: explorer un village fantôme, aller à Real de Maroma, à Alamitos. Dans la région avec un 4par4, on peut gagner San José de Coronados et San Antonio Coronados.

Signalons que de nombreux Européens habitent Real de Catorce: allemand, suisses,... Le propriétaire de l'hôtel élégant et central, la Mesón de l'Abundancia, est suisse allemand. Il est marié à une mexicaine, Petra Puente, originaire du village de la Luz, et qui fut Maire de Real de Catorce.
Ballades, montagnes, écotourisme, VTT, méditation, dégustation des champignons, sont possibles.
Real de Catorce se situe à 2700 m. d'altitude. A côté, le Cerró Grande domine à près de 3200m.

Note rassurante: First Majestic devait démarrer fin 2011 les travaux. Ils sont encore suspendus à ce jour.
La société maintient toujours que les lieux des Cerros Grande et Quemado ne seraient pas affectés. Rappelons que les points sacrés de Wirikuta sont à l'intérieur de "leur territoire" semi-désertique de 140.000 hectares, au SO de Real de Catorce.