25/06/2015

J’ai épousé une Himba un mois par an...

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Famille Himba, Kaokaland, Namibie

De Mexico, j’ai volé à Londres. Je me suis prélassé au Spa du Corinthia Hotel (du même groupe que le splendide Corinthia de Khartoum, l’œuf de Kaddafi). L’ESPA est unique avec la transparence intégrale de son sauna. Quelle architecture !!! Puis j’ai dégusté les strozzapreti fraiches du Massimo; je suis retourné à la National Gallery.

Après une escale à Johannesburg, envol sur Windhoek, diner au restaurant allemand Gathemann sur l’avenue Independant (asperges du désert, steak de kudu), puis location d’un 4 4 et en route pour l’aventure sur les pistes, pour découvrir des déserts, une nature encore vierge, des tribus, dont celle des Himbas, l’un des derniers peuples nomades de la planète!

La Namibie, c’est un territoire d’une superficie d’une fois et demie la France, avec moins de 2.5 millions d’habitants.

On ne croise personne, on parcourt d’immenses territoires à perte de vue.

Le plus vieux désert au monde, celui du Namib (80 millions d’années) ; Sossusvlei, moins de 100 mm d’eau par an; Dead Vlei ou les arbres sont morts depuis 500 ans. Les dunes se sont formées il y a plus de 40 millions d’années par des sables venus d’Afrique du Sud ; le canyon de Sesriem.

Le village de Solitaire (on y a tourné Bagdad Café) ; le Parc Namib Naukluft, le Kuiseb Canyon et arrivée sur l’Atlantique à Walvis Bay et Swakopmund, petites villes très allemandes.

Le Damaraland avec ses éléphants, ses rhinocéros noirs, les montagnes de couleur terracota. Le Parc Etosha, ses rhinos blancs, ses zèbres, ses girafes, autruches, Kudus,...

18000 éléphants en Namibie, contre 140.000 au Bostwana.

Les rhinos sont toujours menacés par les Asiatiques (chinois) qui les chassent pour récupérer leur corne aux propriétés aphrodisiaques. Plus de 50 ont été tués en 2014. Quelle sauvagerie ! Les Namibiens, très attachés à leurs parcs, sont furieux.

Un avion privé pour voler vers le Nord Ouest (Kaokaland) jusqu’à la frontière de l’Angola ; un magnifique lodge Serra Cafema au bord de la rivière Kunene qui matérialise la frontière.

La tribu des Himbas est venue d’Angola, il y a 3-4 siècles. Ce sont des semi-nomades qui vivent de l’élevage de leur bétail. Je pars à leur rencontre. Départ fixé à 3 heures du matin. Il faut faire 75 km en quelques 4-5 heures. Je suis accompagné d’un guide et d’un interprète himba. On se dirige vers un grand plateau situé entre le Hartmannberge et le Marienfluss. Un peu d’humidité recueillie la nuit et de l’eau en sous sol dans le secteur permettent de faire pousser quelques herbes. Mais pour combien de temps ? Aujourd’hui, les bêtes peuvent se nourrir, les femmes himbas procèderont à la traite du bétail vers 7-8 heures du matin. Nous arriverons à temps et assisterons à cet évènement tant important dans leur vie.

Je suis autorisé à m’approcher et à les photographier dans leur élément et de façon naturelle. L’interprète himba qui est de cette région nous présente sa grand-mère et ses tantes. 

Une ravissante himba confie qu’elle n’a jamais rencontré d’étrangers. Elle trouve que j’ai la peau claire.

Est ce un problème, pour elle? Je m’adapterai, répond-elle en riant.

C’est alors que je comprends soudainement que l’interprète a lancé à sa tante l’idée que je désirais l’épouser.

Je lui confie qu’elle est très belle et que je suis tombé amoureux de sa beauté. Par contre, comment procéder car je ne la vois pas quitter son environnement et je ne m’imagine pas intégrer sa tribu.

Elle a 23 ans et trois enfants. Ou sont les pères, elle ne le sait pas. Quel âge ont les enfants, elle ne peut répondre.

Le temps connait ses limites.

Je lui demande si elle est heureuse. Très heureuse, répond-elle à l’interprète qui me traduit. 

Belle leçon de vie!

Un des frères intervient alors. Il représente son père et souhaite que nous procédions aux négociations. Il m’explique que la dot s’élève à une vingtaine de vaches pour cette jeune femme. Il faudra faire les calculs pour imaginer le montant de la transaction.

Le guide me regarde et l’interprète me traduit les échanges. Ils comprennent que je suis sous le charme de cette femme. Je suis effectivement envouté par cette situation atypique.

La jeune femme devine qu’il est en train de se produire quelque chose de nouveau pour elle. Elle me fixe longtemps du regard. Quelles force et insistance!

Je me risque à demander au frère si elle accepterait de m’épouser.

La réponse est bien sur affirmative. C’est mon père et moi-même, qui donnons notre accord.

Que leur répondre?

Il était 10 heures du matin et la journée semblait déjà très chaude.

Je me suis retourné vers le guide et nous échangeâmes d’homme à homme. Il me parla de cas où des étrangers épousaient deux sœurs himbas. Ensuite ils sont venus vivre tous les 3 à Opuwo, la capitale du Kaokaland, territoire des Himbas dont le nombre devait s’élever à 25-30.000.

Je comprenais assez facilement la situation ; deux sœurs se sentiraient moins seules et pourraient ainsi dialoguer. Quant à moi, la réponse n’était toujours pas évidente. Déja pour une femme, alors deux?

Finalement, je leur donnais une certaine satisfaction en leur promettant de revenir d’ici quelques mois. Pour montrer ma bonne foi, je leur versais une somme d’argent. La prochaine fois, j’apprendrais à découvrir un peu cette jeune femme.

Nous nous sommes tous serrés les mains.

Ils ont ri. Je n’ai pas tout compris.

Au retour, mon guide m’a dit que je venais de l’épouser sur la base d’un mois et ce, chaque année.

Tu leur as serré la main, c’est votre contrat, confirma l’interprète.

Je devrais retourner prochainement en terre des Himbas pour comprendre le contrat virtuel! Ou bien réel !

Qui veut m'accompagner?

15/10/2014

1421

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De g à d: 1421, Cartes de Cantino, Jean Rotz, Waldseemüller; tableau de la flotte Chinoise

1421: L’un des merveilleux livres de Gavin Menzies !

Dans la découverte de l’Amérique, Christophe Colomb fut devancé de près d’un siècle par le grand Amiral navigateur chinois, Zheng He et son équipe d’Amiraux : Hong Bao, Zhou Man, Zhou Wen et Yang Qing.

Ils auraient découvert l’Amérique au cours de leurs voyages entre 1421et 1423.

Ce fut l’empereur Ming, Zhu Di, qui décida de connaître à cette époque le Monde. Il avait conquis auparavant les Mongols dominant jusqu’alors la Chine.

De 1406 à 1420, il entreprit la construction de la Cité interdite.

Des cartes ont été établies à partir des mesures et découvertes faites par les chinois. En particulier la Waldseemüller en 1507, la carte nautique Pizzigano (1423-24, œuvre du vénitien cartographe Zuane Pizzigano), le Piri Reis (1513, Amiral turc), la carte mondiale de Cantino (1502, Alberto Cantino), la mappemonde Fra Mauro (1459, le vénitien Fra Mauro, travaillant pour Dom Pedro du Portugal, frère de Henri le Navigateur), la carte Jean Rotz (1542), la carte Vinland (1420-1440).

Nicolo de Conti (vénitien, 1395-1469) décrit les voyages des Chinois. Il se trouvait avec eux à Calicut en 1424.

Toutes ces cartes serviront de base aux futurs explorateurs.

27/05/2014

C’est où le Cameroun ?

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 Le Roi de Bangoulap

Rafael Perez, chargé d’affaires au Secrétariat des Affaires Extérieurs du Mexique, me convoque.

Il commence son exposé. « Le Mexique a moins d’une dizaine d’Ambassades en Afrique, alors que le Brésil en a plus d’une trentaine. » Pourquoi ne pouvons nous pas être davantage présent ? As tu des idées ?

Je lui explique que le Brésil a une population noire, quasi inexistante au Mexique. Ils ont des racines d’Afrique ; leurs ancêtres sont des esclaves noirs. Le Mexique a ses indiens et aussi un côté raciste envers les noirs.

Il faut plus communiquer sur les pays d’Afrique et les présenter aux mexicains. Pour la plupart, l’Afrique se limite au Maroc, à l’Egypte, à l’Ethiopie, à la Namibie et aux pays de safaris (Afrique du Sud, Tanzanie, Kenya, Bostwana).

R. Perez poursuit : « Va faire un tour en Afrique. Reviens avec reportage et photos. On va commencer une série sur ce continent. »

Je m’envole pour Paris et réfléchis au pays que je ciblerai. Il faut éviter la dispersion, aussi je décide de m’intéresser à l’un que je ne connais pas encore. Et ils sont nombreux ! Je me rends à l’Unesco et rencontre deux fonctionnaires spécialisés sur l’Afrique. Je leur expose la situation. L’un me donne la solution.

« Allez au Cameroun, c’est l’Afrique en miniature. Ils ont le Sahel, le désert, les forêts tropicales, les plages, les volcans, les ethnies, la culture, les chutes d’eau, les chefferies, les animaux de safari, les parcs, l’écotourisme, ... »

Je prends mon visa, voyage à Yaoundé. La je me ferai héberger chez un ami, à la résidence de l’Ambassade d’un pays européen. Pendant 12 jours, ce sera ma base!

Je ne serai pas déçu de mes visites qui seront cependant limitées géographiquement et ce, pour des raisons de sécurité.

L’Ambassade m’interdit l’accès à l’Extrême Nord, où se trouvent les plus belles ethnies. La proximité et l’influence de Boko Haram dans cette partie, obligent à ne pas y circuler. Au même moment, le groupe revendiquait l’enlèvement de quelques 300 jeunes filles étudiantes.

Je suis allé dans l’ouest camerounais, à la rencontre de l’ethnie des Bamilékés (la plus importante avec celle des Bamoun). J’ai fait un tour des Chefferies en rencontrant quelques Rois et Chefs, à Bafoussam, Bangangté,  Bangoulap (j’ai visité la fondation Jean-Félicien Gacha, de la famille Dumas, Hermes ; j’ai rencontré Ly Dumas et j’ai séjourné à la villa Boutanga), Batoufam, Bandjoun (le chef actuel a plus de 60 femmes), Foumban,...

Puis je serai accompagné par les guides du Ministère du Tourisme pour rencontrer les pygmées de la vallée de la Lobé, près de Kribi.

Il y a peu d’infrastructure hôtelière dans l’ensemble, il y a peu de tourisme encore. Et cela fait partie du charme du pays !