25/07/2016

Six semaines et treize religions

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Monastère de Thiksey (Ladakh); vue depuis le Chamba Camp

Je reviens d’un voyage de plus de 6 semaines en France, ltalie, Grèce, Chypre, Israël, lnde.

J’ai fait le tour des religions: Monothéistes (Catholique, Orthodoxe, Arménienne, Assyrienne, Copte), zoroastrisme, bahaï, druze, hindou, islam, sikhisme, jainisme, bouddhisme. 

J'ai bien aimé: le restaurant Volnay, au dos du Hyatt à Paris, la brasserie chez René au boulevard St Germain, l'expo sur les jardins de l'Orient à l'Institut du Monde Arabe, les tagliatelles à la crème et truffes à la Terre des truffes rue Vignon, le serpent de 800 tonnes de l'artiste Chinois au Grand Palais, les petits déjeuners du Westminster, la vue sur l'Acropole depuis le Hilton d'Athènes, son bar ouvert jusqu'à minuit au dernier étage, la feta et les vrais yaourts à la grec servis au petit déjeuner, le musée d'archéologie, la fondation Goulandris et le musée de l'Art des Cyclades, la descente en funiculaire à Santorin en empruntant la voie de sortie pour ne pas faire un demi km de queue, les charmants hôtels de Santorin à la vue imprenable, le départ des iles de Thira et voisines formées de lave noire et coiffées de leurs villages blancs, ne pas avoir pris une seule excursion à terre organisée par le bateau, la visite du palais de Cnossos en Crète, la découverte de l'extraordinaire musée d'archéologie d'Héraklion, la dégustation du vin résiné blanc "Ekavi" produit sur place, la découverte de la Terre Sainte en entrant par Haïfa et gagnant Nazareth et Jérusalem, l'église du Saint Sépulchre et les deux grandes mosquées, le Mont des Oliviers, le petit déjeuner au King David Hôtel, le chauffeur guide à Chypre, le théâtre de Kourion, les mosaïques de Paphos, la découverte du village de Omodos, mesurer la présence des Chevaliers de St Jean et de Rhodes entre les 12 et 14 èmes s, le temple d'Athéna de la citadelle de Lindos à Rhodes monté à dos d'âne, le monastère de Saint Paul et sa crique, la visite de la cuisine du restaurant du port de Rhodes, le château des Maitres Chevaliers de Rhodes, l'arrivée au pied de Taormina, avec le Vésuve au fond, l'hôtel Timeo, son odeur de ses parquets cirés et sa vue, le théâtre grec du 3ème avant ne, les tagliatelles au pomodoro sur la terrasse ombragée du Maffei's, l'arrivée matinale à Civitavecchia, la terrasse intérieure de l'hôtel de Russie où il est possible de fumer librement le cigare, les expos du MAXXl, les jardins de Borghèse, les taglionis de Dal Bolognese, la tranche épaisse de foie grillé au restaurant da Nino de la rue de Burgognona, le Fronteira 2014 fruité de la vallée du Douro sur le Londres-Delhi, séjourner à l'lmpérial, revoir le tombeau du deuxième khan Moghol Humayun, dévorer les Nan et les yaourts, voir le voyage à la lune de Georges Méliès (1902), le massage du Hyatt d'Amritsar, la ferveur Sikh au Golden Temple, le Briani servi sur le vol Spicejet pour aller à Srinagar, la suite Shalimar du house-boat Sukoon sur le lac Dal, le temple hindou du 9ème s. à Naranag, la grande mosquée Jami Masjid à Srinagar, la boutique de pashminas Ali Pasha, le yaourt du restaurant Kashmiri Shamyana, la nature et la végétation sur la route de Srinagar a Kargil, la montée par Sonamag et le passage des cols Zoji-la à 3530 m et Fotula à 4500m, les "dzos" qui sont des croisements de vaches et yaks, aperçus  sur la route, le monastère de Lamayuru, le massage de la tête et des pieds à l'Ule resort de Alchi, les abricots cueillis sur les arbres de Nurla et le long de l'lndus, le réveil à 4:40 avec la vue sur le monastère de Thiksey, les nuits passées au Chamba Camp Ultimate Travelling, la foule et les danses lors du Festival de Hémis, les chappattis dans le Ladakh, les tableaux Golden Buddha et Golden curtain de Bhupen Khalhar au Musée d'Art Moderne de New Delhi, le jarret de mouton estracoto du restaurant Bukhara, le film visionné dans le vol Delhi-Londres "The Queen of the Desert" de Werner Herzog, l'expo "Sicily culture and conquest" au British Museum, le déjeuner d'une salade de crabe et caviar chez Prunier à Harrods, les pâtes maison de Massimo à l'hôtel Corinthia,...

J'ai moins aimé: 

Le retard d'une durée de 3 heures du vol BA au départ de Mexico et qui m'a fait perdre à Londres la connection sur Paris, le restaurant Mini du Grand Palais, la grève des services d'enlèvement des ordures, les toasts à la poutargue revisités par Adrian Ferra au restaurant Milos du Hilton d’Athènes, le poulet Couscous du restaurant Zappeion, l'expo Ai Wei Wei à la fondation Goulandris, la grève des transporteurs au moment de l'embarquement au Pirée, la foule de touristes à Santorin, l'espace fumeur en plein air sur le bateau Sirena, la suppression de l'escale d'Alexandrie, l'absence de tournoi de bridge en pleine mer, la cuisine succincte et froide offerte au King David un jour de Shabbat, le Kaloumi (fromage blanc de chèvre et vache, frit et servi avec du miel) trop salé à Omodos, la ville très touristique de Sorrente et ses odeurs de limoncello dans la baie de Naples, les concerts de musique à proximité de l'hôtel à la place del Popolo, les taxis romains qui savent pratiquer les détours pour augmenter les courses, le temps pluvieux de Londres, l'annonce du Brexit, le champagne Henriot du Londres-Delhi, la période de mousson à Delhi, les bâtiments du Corbusier à Chandigarh qui étaient fermés le dimanche, la poussière de Amritsar avant d'atteindre le Temple d'or, le concert de klaxons annonçant la fin du Ramadan et la fête de l'Eid à Srinagar, le marché aux légumes à 4:30 du matin sur le lac Dal, la forte présence militaire au Ladakh, l'odeur en général des toilettes d'lnde, l'hôtel Zoji-la de Kargil, la conduite rapide des chauffeurs de taxis dans les montagnes, le vent soufflant toute la nuit au Chamba Camp, la masse d'étrangers et de photographes à l'occasion du Festival d'Hémis, l'interdiction de fumer dans le jardin de l'hôtel lmperial, le restaurant M à l'allure disco de la rue Victoria de Londres et ses viandes hors de prix,...

Puis, il fallait bien retourner à Mexico.

 

22/05/2016

Une traversée en Afrique Occidentale

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Je suis parti hors du Mexique pendant plus de deux mois.

Je me sentais à nouveau attiré par l’Afrique.

Mon agence me déconseilla d’aller au Tchad et au Soudan du Sud.

Je me suis donc replié dans 3 pays de l’Ouest moins sensibles: Bénin, Togo et Burkina Faso.

Beaucoup de kilomètres, de traditions, de coutumes, d’animisme, de fétichisme, d’ethnies, de lieux de traites et de départs des esclaves,...

Pas de touristes, tant mieux. Quelques frayeurs tout de même avec le thème de la sécurité.

Aussitôt de retour à Mexico que débute ce lundi, la « Semaine de l’Afrique au Mexique ».

Le Ministère des Relations Extérieures a confié la présentation de photos à un seul photographe. J’ai été l’élu.

Je n’ai eu que 10 jours pour préparer l’exposition.

Je suis heureux de constater que le Mexique s’ouvre davantage à l’Afrique.

L’Inegi, organisme mexicain des statistiques, n'a publié que récemment (Décembre 2015) le nombre d’Afro-descendants. Depuis 2010, plusieurs organisations demandaient à ce que l’Inegi intègre ces descendants d'Africains dans le recensement. En 2011, l’Onu avait émis une recommandation dans ce sens.

Ils seraient 1.4 million. Le chiffre est sous estimé d’après les activistes qui constatent que beaucoup de recensés ont préféré ne pas assumer leur identité, se souvenant des discriminations historiques qu’ils ont connues dans le passé.

25/06/2015

J’ai épousé une Himba un mois par an...

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Famille Himba, Kaokaland, Namibie

De Mexico, j’ai volé à Londres. Je me suis prélassé au Spa du Corinthia Hotel (du même groupe que le splendide Corinthia de Khartoum, l’œuf de Kaddafi). L’ESPA est unique avec la transparence intégrale de son sauna. Quelle architecture !!! Puis j’ai dégusté les strozzapreti fraiches du Massimo; je suis retourné à la National Gallery.

Après une escale à Johannesburg, envol sur Windhoek, diner au restaurant allemand Gathemann sur l’avenue Independant (asperges du désert, steak de kudu), puis location d’un 4 4 et en route pour l’aventure sur les pistes, pour découvrir des déserts, une nature encore vierge, des tribus, dont celle des Himbas, l’un des derniers peuples nomades de la planète!

La Namibie, c’est un territoire d’une superficie d’une fois et demie la France, avec moins de 2.5 millions d’habitants.

On ne croise personne, on parcourt d’immenses territoires à perte de vue.

Le plus vieux désert au monde, celui du Namib (80 millions d’années) ; Sossusvlei, moins de 100 mm d’eau par an; Dead Vlei ou les arbres sont morts depuis 500 ans. Les dunes se sont formées il y a plus de 40 millions d’années par des sables venus d’Afrique du Sud ; le canyon de Sesriem.

Le village de Solitaire (on y a tourné Bagdad Café) ; le Parc Namib Naukluft, le Kuiseb Canyon et arrivée sur l’Atlantique à Walvis Bay et Swakopmund, petites villes très allemandes.

Le Damaraland avec ses éléphants, ses rhinocéros noirs, les montagnes de couleur terracota. Le Parc Etosha, ses rhinos blancs, ses zèbres, ses girafes, autruches, Kudus,...

18000 éléphants en Namibie, contre 140.000 au Bostwana.

Les rhinos sont toujours menacés par les Asiatiques (chinois) qui les chassent pour récupérer leur corne aux propriétés aphrodisiaques. Plus de 50 ont été tués en 2014. Quelle sauvagerie ! Les Namibiens, très attachés à leurs parcs, sont furieux.

Un avion privé pour voler vers le Nord Ouest (Kaokaland) jusqu’à la frontière de l’Angola ; un magnifique lodge Serra Cafema au bord de la rivière Kunene qui matérialise la frontière.

La tribu des Himbas est venue d’Angola, il y a 3-4 siècles. Ce sont des semi-nomades qui vivent de l’élevage de leur bétail. Je pars à leur rencontre. Départ fixé à 3 heures du matin. Il faut faire 75 km en quelques 4-5 heures. Je suis accompagné d’un guide et d’un interprète himba. On se dirige vers un grand plateau situé entre le Hartmannberge et le Marienfluss. Un peu d’humidité recueillie la nuit et de l’eau en sous sol dans le secteur permettent de faire pousser quelques herbes. Mais pour combien de temps ? Aujourd’hui, les bêtes peuvent se nourrir, les femmes himbas procèderont à la traite du bétail vers 7-8 heures du matin. Nous arriverons à temps et assisterons à cet évènement tant important dans leur vie.

Je suis autorisé à m’approcher et à les photographier dans leur élément et de façon naturelle. L’interprète himba qui est de cette région nous présente sa grand-mère et ses tantes. 

Une ravissante himba confie qu’elle n’a jamais rencontré d’étrangers. Elle trouve que j’ai la peau claire.

Est ce un problème, pour elle? Je m’adapterai, répond-elle en riant.

C’est alors que je comprends soudainement que l’interprète a lancé à sa tante l’idée que je désirais l’épouser.

Je lui confie qu’elle est très belle et que je suis tombé amoureux de sa beauté. Par contre, comment procéder car je ne la vois pas quitter son environnement et je ne m’imagine pas intégrer sa tribu.

Elle a 23 ans et trois enfants. Ou sont les pères, elle ne le sait pas. Quel âge ont les enfants, elle ne peut répondre.

Le temps connait ses limites.

Je lui demande si elle est heureuse. Très heureuse, répond-elle à l’interprète qui me traduit. 

Belle leçon de vie!

Un des frères intervient alors. Il représente son père et souhaite que nous procédions aux négociations. Il m’explique que la dot s’élève à une vingtaine de vaches pour cette jeune femme. Il faudra faire les calculs pour imaginer le montant de la transaction.

Le guide me regarde et l’interprète me traduit les échanges. Ils comprennent que je suis sous le charme de cette femme. Je suis effectivement envouté par cette situation atypique.

La jeune femme devine qu’il est en train de se produire quelque chose de nouveau pour elle. Elle me fixe longtemps du regard. Quelles force et insistance!

Je me risque à demander au frère si elle accepterait de m’épouser.

La réponse est bien sur affirmative. C’est mon père et moi-même, qui donnons notre accord.

Que leur répondre?

Il était 10 heures du matin et la journée semblait déjà très chaude.

Je me suis retourné vers le guide et nous échangeâmes d’homme à homme. Il me parla de cas où des étrangers épousaient deux sœurs himbas. Ensuite ils sont venus vivre tous les 3 à Opuwo, la capitale du Kaokaland, territoire des Himbas dont le nombre devait s’élever à 25-30.000.

Je comprenais assez facilement la situation ; deux sœurs se sentiraient moins seules et pourraient ainsi dialoguer. Quant à moi, la réponse n’était toujours pas évidente. Déja pour une femme, alors deux?

Finalement, je leur donnais une certaine satisfaction en leur promettant de revenir d’ici quelques mois. Pour montrer ma bonne foi, je leur versais une somme d’argent. La prochaine fois, j’apprendrais à découvrir un peu cette jeune femme.

Nous nous sommes tous serrés les mains.

Ils ont ri. Je n’ai pas tout compris.

Au retour, mon guide m’a dit que je venais de l’épouser sur la base d’un mois et ce, chaque année.

Tu leur as serré la main, c’est votre contrat, confirma l’interprète.

Je devrais retourner prochainement en terre des Himbas pour comprendre le contrat virtuel! Ou bien réel !

Qui veut m'accompagner?